présentée par Environnement 93

carteASSEMBLÉE GÉNÉRALE 2008
de l’association Environnement 93

MOTION AEROVILLE

Environnement 93 a pris ses responsabilités en contestant, y compris juridiquement, le projet d’Aéroports de Paris, d’un centre commercial dénommé très symboliquement Aéroville.
En participant à la création d’un front très large associant les villes, les collectivités territoriales, les associations d’environnement, de consommateurs et aussi de commerçants, Environnement 93 souhaite au plus vite mettre ou remettre en débat public tous les projets de la Plaine de France Est : développement sans fin du Bourget et de Roissy, des Parcs d’expositions, d’Aéroville, des ZAC Sud CDG, ou du Triangle de Gonesse….Nous espérons dans ce but avoir le soutien des collectivités locales (villes, départements, région), de l’établissement public Plaine de France et de tous les acteurs (commerçants, associations de défense de l’environnement, de consommateurs,…).

Les difficultés de gouvernance dans ce secteur imposent au moins l’obligation de SCOT (schéma de cohérence territoriale) et, pour nous, une autre gouvernance à débattre (communauté d’agglomération au lieu du SEAPFA : syndicat d’études et d’aménagement des pays de France et de l’Aulnoye, existant par exemple, pour le nord-est du 93). La concurrence entre communes voisines entraîne un développement purement économique qui ne tient compte ni des habitants, ni de l’environnement.
Ceci est d’autant plus grave que la fracture territoriale imposée par les aéroports est aussi une fracture environnementale (PEB : plan d’exposition au bruit, en particulier) et une fracture sociale majeure.

Il s’agit d’un problème régional et national (cf. Les oubliés de Roissy du Nouvel Obs du 17 janvier 2008).

Les élites du pays, loin de la réalité de nos communes, n’ont pas pris encore en compte les difficultés de nos quartiers y compris en capacité de se défendre ou de se faire entendre (tant élus qu’associations), face à des projets liés au transport aérien. Nous savons tous qu’il n’est pas soumis aux taxes pétrolières. Celui-ci se développe dans des conditions injustes en même temps que les activités qui y sont liées comme le tourisme de masse ou les foires internationales. Des enjeux financiers majeurs déterminent des consensus trop faciles où le privé et le public courent ensemble dans un développement insoutenable et non durable.

Les projets de transport dans ces secteurs ont pour seul objectif l’accroissement des activités économiques (comme le CDG-Express) alors que les quartiers défavorisés attendent la réalisation de projets comme le débranchement du T4 ou les études pour des sites propres indispensables aux rénovations urbaines (Aulnay ou Blanc-Mesnil Nord).

Dans nos banlieues de la Seine-Saint-Denis, il faut plus de 10 euros pour faire un aller-retour à Paris, d’Aulnay ou de Clichy, alors que Transavia, la filiale low-cost d’Air France-KLM, propose sa pub pour Paris-Cracovie à 49 euros et que les affiches disent : « le seul transport moins cher que l’avion : la marche à pied ».

Un GRENELLE ou un RIO ou un PORTO ALEGRE est nécessaire autour de ROISSY avec ceux qui se mobilisent pour que les communes continuent à vivre.

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