26.12.2008 – Le Journal de l’Environnement

Bruit à Roissy: des propositions insuffisantes

Jeudi 18 décembre, les propositions de Jacques Dermagne, président du Conseil économique, social et environnement de la République, chargé par Nicolas Sarkozy de présenter une charte pour un développement durable de l’aéroport de Roissy, sont arrivées par courrier chez toutes les personnes et associations qu’il a auditionnées.

Mauvaise surprise pour les associations de défense de l’environnement et des riverains: elles ne retrouvent pas leurs propositions. Pour le Collectif inter-associatif du refus des nuisances aériennes (Cirena), le «texte ne contient pas les bases de ‘l’accord mutuellement avantageux’ entre les ‘différentes parties prenantes’ que souhaitait le Président de la République dans la lettre de mission à M.Dermagne», indique le président du collectif Jean-François Michel.
Même constat pour Alain Péri, porte-parole de l’Association de défense contre les nuisances aériennes (Advocnar): «Nous sommes profondément déçus devant un rapport qui n’apporte aucune réponse, ne fait aucune proposition concrète d’amélioration concernant les questions essentielles du droit fondamental de l’homme au sommeil, de la protection du cadre de vie et de la santé des centaines de milliers de personnes victimes chaque jour des nuisances aériennes».

En cause notamment, la non-inclusion des propositions de relèvement de survol des villes du Nord-ouest francilien, de limitation de nombre de mouvements annuels à un maximum de 500.000 (contre 540.000) actuellement et de suppression définitive des vols de nuit avec l’instauration d’un couvre-feu de 23 heures à 7 h (suivant les recommandations de l’OMS). Si ces trois points ne sont pas intégrés dans la charte, le Cirena affirme d’ores et déjà qu’il ne signera pas le texte. Pour l’heure, il prévoit, tout comme l’Advocnar, d’écrire à Dominique Bussereau et à Christian Blanc, réceptionnaires du rapport, afin de reparler de leurs propositions.

par Sonia Pignet

Pour en savoir plus :

Consultez notre rubrique Evènements

le rapport Dermagne

Le communiqué de presse de l’ADVOCNAR en réaction à la parution de rapport Dermagne

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22.12.2008 – Le Parisien

Aéroport de Roissy

Le rapport qui enterre le couvre-feu
Faustine Léo
Il ne sera publié que ce matin, mais il fait déjà l’objet de vives critiques. Le rapport Dermagne, premier pas vers la charte de développement durable de Roissy commandée par le président de la République en juin 2007, ne fait pas l’unanimité auprès des élus et des associations concernés par la région de Roissy.
Pourtant, au terme de 150 auditions (élus, associations, syndicats, acteurs économiques) et de plusieurs déplacements à l’étranger (Allemagne, Etats-Unis, Pays-Bas et Royaume-Uni), le président du Conseil économique et social a rendu trente-cinq propositions permettant « d’assurer les moyens de l’expansion de l’aéroport », tout en « sauvegardant les intérêts vitaux des riverains ».

« Il enfonce des portes ouvertes »

Ce qui est préconisé : maîtriser les nuisances sonores, achever les travaux d’insonorisation, favoriser le transport collectif ou encore améliorer le logement et le transport des salariés.

« Ce rapport enfonce des portes ouvertes, regrette Didier Chevalier, le président de l’Association de défense de l’environnement du Nord-Seine-et-Marne (Adev). Améliorer la desserte de la plate-forme par exemple, c’est demandé depuis longtemps. »

Mais surtout, en ce qui concerne un éventuel couvre-feu, cheval de bataille de 94 maires du secteur réunis en conseil municipal géant le 20 septembre dernier au Trocadéro (Paris, XVI e ), aucune proposition n’est formulée. Les compagnies aériennes sont simplement invitées à réduire les nuisances sonores.

« Et cela ne fait que reprendre les mesures déjà existantes (NDLR : amélioration des approches, interdiction des avions bruyants…) et dont l’impact réel s’est avéré limité », estime Jean-Pierre Blazy, maire (PS) de Gonesse (Val-d’Oise) et président de Ville et Aéroport, association d’élus. Avec trois autres maires du Val-d’Oise, il avait été reçu il y a un mois par un conseiller de Nicolas Sarkozy pour évoquer l’arrêt des vols de nuit. Le 7 janvier, Ville et Aéroport proposera son propre projet de charte qu’il remettra ensuite au chef de l’Etat.

« Car ce rapport ne peut constituer la base de la future charte. Il faut une vraie charte du développement durable non de l’aéroport mais du bassin de vie », assure Bernard Corneille, maire (PG) d’Othis et conseiller général du canton de Dammartin-en-Goële et membre de l’association. Certes, la promotion d’autres aéroports, comme celui de Vatry où les partisans du couvre-feu voudraient voir partir le fret, est encouragée.

« C’est bien de le dire, mais il faut le faire. Cela fait des années que l’on en entend parler », soupire Patric Kruissel, président de l’Association de défense contre les nuisances aériennes (Advocnar).

Tous attendent donc de voir les points positifs, comme l’insonorisation de 50 000 logements d’ici à cinq ans, mise en oeuvre dans la charte finale rédigée par les secrétaires d’Etat aux Transports et à la Région capitale.

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19.12.2008 – Vonews

Gonesse : le maire juge limitées les propositions environnementales de la charte Roissy

Le maire PS de Gonesse, président de l’association « Ville et Aéroport » remarque une
« absence de propositions nouvelles sur le volet environnemental » et note « certaines propositions positives sur le volet économique et social ».
Les élus de Ville et Aéroport travaillent à un projet de Charte qui sera remis au Président de la République suite à une large concertation »

Le Président du Conseil économique et social, Jacques Dermagne, vient de transmettre son rapport « Pour un développement durable de l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle » qui préfigure ce que sera la Charte de développement durable de cet aéroport.
« Ville et Aéroport attendait un volet environnemental fort et remarque que les propositions avancées par le rapport ne sont pas nouvelles et n’ont pas fait preuve d’efficacité à ce jour. Rien de neuf sous le soleil : réduction du bruit à la source pour les avions de nuit, interdiction des avions bruyants du chapitre 3, amélioration des approches, renouvellement des flottes, formation des pilotes », estime l’association d’élu dirigée par le maire PS de Gonesse Jean-Pierre Blazy. Sur l’intermodalité, Ville et Aéroport note cependant le pas en avant du rapport qui prend en compte l’existence de l’aéroport de Vatry, mais le juge encore trop timide et pas assez audacieux.

Ville et Aéroport considère que le rapport Dermagne ne peut constituer en l’état la base de la future Charte de développement durable de l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle souhaitée par le Président de la République. C’est pourquoi, Ville et Aéroport proposera son projet de Charte. Les grandes lignes de ce projet ainsi que sa méthodologie seront présentées à l’occasion d’une conférence de presse que Ville et Aéroport tiendra le mercredi 7 janvier à l’Assemblée Nationale. La version finale de ce projet de Charte sera remise au Chef de l’Etat au début du printemps.

S’agissant du volet économique et du volet social, Ville et Aéroport reconnaît que certaines propositions vont dans le bon sens : l’accélération de l’insonorisation des logements avec une planification sur 5 ans ; la création d’une « communauté de territoires » dont les ressources sont précisées et qui n’est pas sans rappeler la « communauté aéroportuaire » ; une meilleure répartition des retombées économiques et fiscales générées par l’activité de l’aéroport au bénéfice des riverains ; une plus grande transparence de l’information auprès des élus et des populations riveraines sur le développement de l’aéroport ; un meilleur fonctionnement des instances de concertation, etc.

Toutefois, les principales propositions du volet environnemental formulées par Ville et Aéroport lors de son audition n’ont pas été retenues : la réduction immédiate du nombre de mouvements entre 22h et 6h afin d’envisager l’application d’un couvre-feu à terme, un plafonnement global des trafics passager et fret exprimé sur la base du nombre de mouvements annuels comme pour Orly, la fusion PEB/PGS, la réouverture du dossier « 3ème aéroport », etc.

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