15.06.2010 – Le Parisien

Associations de riverains, élus, représentants de compagnies aériennes, de la Direction générale de l’aviation civile et de l’Etat, placés sous l’égide de Jean Rebufel, chargé de la mise en œuvre du rapport Dermagne visant à un développement durable de la plate-forme : la première réunion du groupe de travail sur les vols de nuit à Roissy s’est résumée à un état des lieux.

Air France et Aéroports de Paris ont présenté leur modèle économique basé sur le principe du hub (plate-forme permettent de concentrer les avions au même endroit), lequel oblige à des décollages et à des atterrissages entre 22 heures et 6 heures. En moyenne, un toutes les trois minutes. De quoi agacer Jean-Pierre Blazy, maire PS de Gonesse (Val-d’Oise) et président de l’association d’élus Ville et aéroport, pressé d’entrer dans le vif du sujet, à savoir l’étude, compagnie par compagnie et heure par heure, de la réduction des vols de nuit. « La question centrale, à savoir le report de vols avant 22 heures et après 6 heures, n’a pas été abordée, regrette-t-il. On a eu la même litanie sur le hub. Je désespère un peu. » Si ce sujet a été ignoré par le rapport Dermagne, il mobilise élus et associations du secteur depuis des années. Une centaine d’entre eux avaient manifesté, il y a un an et demi, sur les marches du Trocadéro à Paris pour se faire entendre. Jean-Pierre Blazy pense déjà à une nouvelle action. « On sait que ça ne peut pas aller plus vite, tempère Alain Péri, chargé de la communication de l’Association de défense contre les nuisances aériennes (Advocnar). Nous sommes très satisfaits que ce groupe se mette en place. »

Les impératifs économiques semblent difficiles à contrer

« C’est un bel espoir. Diminuer les vols de nuit, ça doit être possible », assure Daniel Haquin, président SE de la communauté de communes de la Plaine de France (Seine-et-Marne). Pourtant, les impératifs économiques et la logique de hub semblent bien difficiles à contrecarrer. Dans le collimateur, les entreprises de fret comme Fedex, qui occupent la majorité des créneaux de nuit tout en utilisant des avions bruyants. « Renoncer à des vols, c’est renoncer à une partie de notre activité. C’est impossible, car les vols de nuit ne sont pas un choix mais une obligation, tranche Julien Ducoup, directeur général pour le hub. En revanche, on participe à l’étude sur l’atterrissage en descente continue et nous sommes d’accord pour le relèvement des trajectoires, même si cela coûte de l’argent à l’entreprise. Nous sommes aussi en train de changer notre flotte. »
La prochaine réunion sur le sujet, prévue fin septembre, devrait permettre de décortiquer les différents créneaux attribués aux compagnies. Les riverains espèrent, eux, que les discussions se baseront sur une période de sommeil de huit heures, comme le recommande dans son dernier rapport l’Autorité de contrôle des nuisances sonores aéroportuaires.
Faustine Léo

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