la justice interdit les vols de nuit … Que fait-on pour Roissy CDG?

COMMUNIQUE DE PRESSE

Mercredi 4 avril 2012

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Aéroport de Francfort :
la justice allemande interdit les vols de nuit

L’interdiction des vols entre 23h00 et 05h00 a été confirmée par la justice allemande, indique l’Agence France Presse (AFP).

Le tribunal fédéral de Leipzig a maintenu l’interdiction provisoire décidée en octobre dernier par le tribunal de Hesse, région où se situe Francfort (ouest). Cette interdiction concerne 17 vols entre 23H00 et 5H00 du matin, qui devaient initialement être autorisés au moment de l’ouverture d’une quatrième piste à l’aéroport le 21 octobre.

Le tribunal a également réduit le nombre de vols autorisés entre 22H00 et 23H00 et 5H00 à 6H00 du matin à 133 par jour en moyenne, contre 150 jusqu’à présent. « Ces heures de transition ne peuvent pas être considérées comme une simple prolongation des activités de jour », a-t-il insisté.

C’est la reconnaissance par la justice et les autorités allemandes des conséquences de la perturbation du sommeil. Le bruit, en particulier celui des avions la nuit, augmente l’hypertension artérielle avec ses conséquences ; infarctus du myocarde, AVC… Depuis l’étude européenne HYENA portant sur l’observation de 5000 personnes autour de grands aéroports, d’autres études importantes ont confirmé l’importance de ce problème de santé publique. Il va bien au-delà des conséquences des troubles du sommeil sur l’activité diurne, tels que fatigue et troubles de la vigilance pouvant entraîner des accidents du travail et de la circulation, stress et troubles psychiques, altération des capacités cognitives etc. Pour l’OMS, le niveau de preuve est suffisant.

Que fait-on pour Roissy CDG ? C’est le premier aéroport européen pour les vols de nuit avec 61 000 mouvements annuels sur la période de nuit de huit heures consécutives (22h – 6h). Sur les grands aéroports concurrents Heathrow et Schiphol le niveau annuel se situe à environ 31000 mouvements sur 8 heures. Francfort, avec ce couvre-feu se retrouvera au même niveau moyen. Nos voisins européens ont pris la mesure des risques sanitaires en appliquant des restrictions sérieuses la nuit.

En France, malgré des groupes de travail et une nouvelle commission nationale « vols de nuit » sous l’égide de l’ACNUSA, les pouvoirs publics français semblent avoir beaucoup de difficultés à prendre la
mesure du problème sanitaire des vols de nuit, aucun progrès, hormis quelques mesures insignifiantes.

Pourtant, les associations et les élus font maintenant une demande raisonnée prenant en compte l’équilibre entre les intérêts économiques et la protection des citoyens : aligner Roissy CDG sur le niveau moyen de vols de nuit de ses trois concurrents ce qui constituerait une réduction d’environ 50 % par rapport au niveau actuel. Face à cela, les opérateurs en France, soutenus par la DGAC ne défendent qu’une seule position:aucune contrainte, ne rien changer !

Nous demandons que l’État, joue enfin son rôle d’arbitre équitable pour imposer un compromis intelligent entre le développement économique et la nécessaire protection de la santé et la qualité de vie des populations survolées autour des aéroports.


Le communiqué de presse en pdf