Un rapport, commandé par une association de lutte contre les nuisances aériennes, affirme que l’on peut réduire les vols de nuit sans pour autant affecter l’activité économique.

13.11.2012 – Le Parisien

avion atterrissant de nuitROISSY. L’étude rendue publique par l’Advocnar compare l’activité nocturne de Roissy avec celles d’Heathrow (Royaume-Uni), de Francfort (Allemagne) et de Schipol (Pays-Bas).
Mais oui, on peut réduire les vols de nuit de l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle (CDG) sans déstabiliser l’activité économique ni menacer les emplois. C’est en substance ce qu’affirme le rapport présenté hier au Grand Palais, à Paris, par l’Advocnar, l’une des principales associations de lutte contre les nuisances aériennes et leurs conséquences sanitaires pour les riverains.

L’Advocnar a rendu publiques les conclusions de l’étude qu’elle veut « utiliser pour provoquer une vraie réflexion chez les pouvoirs publics et être enfin entendue face aux professionnels qui nous opposent leur logique économique, explique Alain Péri, le vice-président de l’association. L’Etat doit jouer son rôle d’arbitre. » Cette étude, qui compare les vols de nuit à Roissy avec ceux d’Heathrow au Royaume-Uni, de Francfort en Allemagne et de Schipol aux Pays-Bas – où les vols ont été plafonnés -, a été réalisée par CE Delft, un cabinet d’experts indépendants.

Des risques pour la santé

Dans ce domaine, les conclusions du rapport rejoignent celles de Patrick Kruissel, le président de l’Advocnar. « Les conséquences des vols de nuit sur la santé des riverains sont connues : hypertension, troubles cognitifs chez les enfants et troubles importants du sommeil provoquent en journée somnolence, accidents de la route et du travail », détaille-t-il.

La France plus permissive

Les réglementations en matière de vols de nuit ne sont pas les mêmes d’un pays européen à l’autre, analyse Jasper Faber, l’auteur de l’étude. De 22 heures à 6 heures, 61255 mouvements sont enregistrés en 2010 à Roissy, contre 27200 entre 23 heures et 7 heures à Heathrow, où le trafic est limité, et 40515 à Francfort, où le couvre-feu a finalement été instauré. « CDG a donc deux fois plus de vols la nuit que les autres aéroports, et privilégie le fret, de manière très étalée, de 0 heure à 5 heures, là où les autres aéroports préfèrent les vols passagers, correspondances vers l’Europe, low-cost ou charters, sur des plages plus courtes la nuit. A Heathrow, ils sont concentrés au petit matin, entre 4h30 et 6 heures. »

On surestime leur impact économique

Jasper Faber le dit sans ambages : « Les données mentionnées par les rapports sur l’activité économique de Roissy sont faussées. » Ainsi, elles ne prennent pas en compte plusieurs aspects négatifs, plus de vols c’est aussi plus d’importations, sans parler des voyageurs qui vont dépenser leur argent à l’étranger plutôt qu’en France. « N’oublions pas le coût environnemental du survol et celui, sanitaire, du bruit des avions la nuit. Tout cela modère notablement les chiffres avancés. Et notamment celui des 1400 emplois créés par million de passagers. Des ratios bien supérieurs à ceux relevés aux Etat-Unis et dans d’autres pays d’Europe. »

L’Advocnar prévoit sur le sujet une réunion publique le 12 décembre à Montmorency.

L’étude est à retrouver en ligne sur : www.advocnar.fr.

LP/OLIVIER CORSAN


12.11.2012 – Les Echos

Haro sur les vols de nuit à Paris:
impact économique « surestimé » (étude)

Les vols nocturnes en région parisienne ont augmenté ces dernières années, causant des nuisances graves aux riverains des trois aéroports franciliens alors que leurs impacts économiques sont à la fois « surestimés » et « trompeurs », selon une étude présentée lundi à Paris.

« En face de nous, il y a des professionnels qui raisonnent en termes économiques (…) qui montrent un impact des créations d’emplois et des richesses des aéroports parisiens sur la région », a déploré Alain Péri, vice-président de l’Association de défense contre les nuisances aériennes (ADVOCNAR) lors de la présentation d’une étude réalisée par CE Delft, un cabinet spécialisé.

« Le domaine sanitaire est complètement ignoré des compagnies aériennes, des aéroports et des gestionnaires », a fustigé le responsable associatif, estimant que « beaucoup d’études épidémiologiques ont montré que les vols de nuit » nuisaient « beaucoup à la santé des riverains ».

Cette étude fait apparaître que ses plateformes concurrentes se sont mieux adaptés aux restrictions de vols nocturnes. A London Heathrow, les vols nocturnes sont estimés à 27.400 en 2011 contre 59.210 à Roissy alors qu’ils sont interdits à Francfort, relève l’expertise de CE Delft.

Cette étude a été commandée au lendemain de la publication en février des conclusions d’une autre étude émanant du BIPE (conseil en stratégie spécialisé dans la prévision économique et la prospective) pour le compte d’Aéroports de Paris (ADP).
Selon cette étude, l’activité économique des aéroports parisiens génère plus de 340.000 emplois et a représenté 5,8% du Produit intérieur brut (PIB) de l’Ile-de-France en 2010, soit 1,7% du PIB français et une croissance des emplois sept fois plus dynamique que dans l’ensemble de la région parisienne.
Le BIPE « surestime grossièrement l’importance économique des aéroports de Paris (…) les impacts économiques du trafic aérien sont généralement surestimés » et sont donc « trompeurs », a estimé Jasper Faber, coauteur de l’étude du CE Delft.


14.11.2012 – Vonews
Les riverains de Roissy remettent en cause
l’impact économique de l’aéroport

Les nuisances aériennes ne sont pas une fatalité. La principale association de riverains de Roissy ne renonce pas. L’Advocnar vient de commander une étude pour remettre en question la thèse selon laquelle une augmentation du trafic aérien se traduirait par des gains économiques.

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13.11.2012 – DéplacementsPro.com

L’impact économique des aéroports serait surestimé

Tous les coups sont permis dans la guerre qui oppose les riverains des aéroports aux plate-formes. Après la publication des conclusions de l’étude sur l’apport des aéroports franciliens sur l’économie menée par le cabinet BIPE à la demande ADP, l’Association de défense contre les nuisances aériennes (ADVOCNAR) a demandé au cabinet CE Delf «d’évaluer les fondements de l’argumentation des professionnels du transport aérien».

Conclusion : on peut réduire les vols de nuit de l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle (CDG) sans déstabiliser l’activité économique ni menacer les emplois. Le cabinet CE Delf a présenté le fruit de son travail, le 12 novembre 2012. Selon lui, les impacts économiques des aéroports (et des vols de nuit) sont souvent surestimés car le modèle couramment utilisé, développé par le Conseil international des aéroports en Europe (ACI Europe), surestime également les impacts économiques.

«Il ne comprend que les impacts économiques positifs; les impacts négatifs comme les dépenses touristiques à l’étranger et l’augmentation des importations, sont ignorés», explique le rapport. Il précise également qu’il ne tient pas compte des pollutions sonores ou de l’air et de leurs conséquences sur la santé des riverains.

L’étude ajoute que les aéroports européens voisins, Londres Heathrow, Francfort et Amsterdam Schiphol en particulier, ont choisi des méthodes plus efficaces que CDG face aux restrictions nocturnes qui leur étaient imposées. Heathrow a accueilli 27400 vols nocturnes en 2011 selon le document alors qu’ils ont été 59210 à se poser de nuit à Roissy l’an dernier.

L’Advocnar publie son étude en ligne sur son site www.advocnar.fr.

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