L’ADVOCNAR conteste les éléments qui ont servi de base à l’élaboration de ce PEB, et tient à souligner les incohérences du projet, notamment :
–  La remise en cause permanente des assurances concernant la maîtrise des nuisances générées par la plate-forme :

Dès 1996, la construction de deux nouvelles pistes à Roissy était accompagnée d’une promesse de limitation de l’activité à Roissy. En 1997 : le ministre des Transports Jean-Claude Gayssot du gouvernement Jospin promet un plafonnement de CdG à 55 millions de passagers. Nous avons aujourd’hui dépassé ce plafond. Que vaut la promesse de l’Etat ? En 2001, le gouvernement promet le maintien de l’indicateur théorique annuel de bruit au niveau de 1997. En 2003, un nouvel indicateur d’énergie sonore annuelle voit le jour, il est élaboré à partir du bruit mesuré au sol en temps réel, avec pour référence la moyenne extrapolée des années 1999, 2000 et 2001. Ne parlons plus des multiples promesses de construction d’une plate-forme censée accueillir le surplus de trafic aérien de l’Ile-de-France, en 1995 à Beauvilliers, en 2002 à Chaulnes.

–  Le choix des indicateurs, en raison de la faible adéquation entre la gêne ressentie et les calculs de moyennes annuelles de bruit.

Le cerveau humain, et celui du riverain n’est pas différent des autres, réagit à chaque stimulation sonore, et n’a pas la capacité d’intégrer une énergie cumulée. La meilleure preuve de cette non corrélation est que la gêne ne cesse de croître alors que l’indicateur lui, diminue. L’explication des promoteurs de l’indicateur annuel à ce sujet est simpliste: ils prétendent que les populations sont plus sensibles au bruit, plus exigeantes en quelque sorte. Ceci n’est pas la réalité, le bruit n’a jamais été aussi permanent, omniprésent qu’aujourd’hui, il est devenu insupportable pour les populations survolées jour et nuit. Quant à la pollution chimique, nous savons qu’elle est directement liée au nombre de mouvements, et que la stabilisation de l’indicateur annuel d’énergie sonore n’empêchera pas les rejets d’augmenter.

– Les hypothèses d’évolution du trafic retenues pour l’élaboration du PEB : 680 000 mouvements en 2025 pour la projection qualifiée de haute ne nous semblent pas crédibles quand on compte déjà 544 000 mouvements en 2007. Comment peut-on croire que le trafic d’ici 2025 ne va augmenter que de 25 %, alors qu’entre 1990 et 2007 le trafic a augmenté de 136 %. Cette augmentation de 25 %, soit 1,25 % par an, est 2 fois plus faible que le scénario bas prévu par Eurocontrol.

– Enfin, les impacts environnementaux négatifs du trafic de Roissy sont majeurs, et concernent plusieurs centaines de milliers de personnes que l’on expose sciemment à un risque  sanitaire. Les effets de l’exposition chronique au bruit sur les pathologies cardio-vasculaires et psychiatriques sont connus, ceux de la pollution chimique sur les pathologies broncho-pulmonaires et allergiques également.

Le projet Ranch a publié le résultat de ses recherches sur 2844 enfants de 9 à 10 ans en Angleterre, Espagne et Hollande, confirmant que les élèves inscrits dans un établissement scolaire situé près d’un grand aéroport ont davantage de difficultés d’apprentissage, en particulier dans l’acquisition du langage écrit.

Pour que les populations survolées ne soient pas des citoyens de seconde zone condamnés à supporter indéfiniment un traitement inhumain, voire dégradant à cause des vols de nuit, nous nous opposons à ce PEB qui cautionne le développement du trafic de Roissy et l’augmentation du nombre de personnes exposées aux nuisances .Nous soulignons à nouveau l’absolue nécessité d’instaurer un couvre-feu la nuit à Roissy et de plafonner de façon stricte et intangible le nombre de mouvements de la plate-forme à un niveau permettant une réduction sensible des nuisances .

Voir le communiqué de l’ADVOCNAR    de juin 2006

Voir le communiqué de l’ADVOCNAR    du 27 mars 2007

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