un indice de pollution sonore construit pour prendre en compte la perception de la population

03.07.2014 – JDLE

Un indicateur simple contre la pollution sonore

L’association BruitpariSecteur survolé par les aéronefs de Roissy CDGf a présenté, ce 3 juillet, un indicateur de la pollution sonore compréhensible par tout un chacun. Issu du projet Harmonica, mené dans le cadre du programme européen Life+, il évalue aussi bien les bruits de fond que les bruits événementiels.

Les pouvoirs publics vont pouvoir lancer des actions ciblées, d’abord dans les régions francilienne et lyonnaise. Ces deux pôles urbains, familiers de la pollution sonore, disposent en effet d’un indicateur dont l’avantage est double. Non seulement il présente, de façon simple, l’état des nuisances sonores selon les zones, mais il permet aussi d’évaluer les actions de réduction sur la durée. Ainsi, la balise placée sur le périphérique parisien montre que la réduction de 10 kilomètres par heure de la vitesse-limite a réduit de 0,3 points la pollution sonore.

«L’indice Atmo a révolutionné la perception des Franciliens sur la pollution atmosphérique. Espérons que ce nouvel indice les rende également plus méfiants vis-à-vis du bruit», commente Corinne Rufet, vice-présidente du conseil régional, en charge de l’environnement, l’agriculture et l’énergie.

«Les traditionnelles mesures énergétiques, évaluées en décibels, ne sont pas compréhensibles par l’ensemble de la population. Le décibel se manipule en effet selon une échelle logarithmique et non arithmétique. 60 décibels ajoutés à 60 décibels, cela donne 63 décibels, ce qui n’est pas simple!»,résume Fanny Metlicki, directrice de Bruitparif.

Au contraire, le nouvel indicateur se décline sur une échelle de 0 à 10, compréhensible par tous. Son originalité tient à sa double prise en compte, au sein de la même image, des bruits de fond (rectangle) et des bruits évènementiels (flèche). Trois couleurs l’accompagnent pour signifier qu’il n’existe aucun risque sanitaire (vert), que des impacts sont probables (orange) ou que le niveau s’avère néfaste pour la santé (rouge). L’indicateur permet enfin d’obtenir des données affinées, heure par heure, 24h sur 24.

Pour l’heure, le projet Harmonica n’a été développé à titre expérimental que pour les agglomérations parisienne (50 points de mesure ) et lyonnaise (10 points de mesure ). Son extension à de nombreuses agglomérations européennes sera étudiée dans le cadre du réseau Eurocities.

Les collectivités françaises de plus de 100.000 habitants sont tenues, selon la directive sur le bruit, de publier des cartes de bruit ainsi que des plans de prévention. Une obligation non respectée sur le plan national, qui vaut à Paris d’être en contentieux avec Bruxelles. Gageons qu’une diffusion à large échelle de ce nouvel indicateur accroîtra la sensibilisation aux nuisances sonores au niveau local.



Le commentaire de l’ADVOCNAR

Les indices actuels sont nombreux (dB, Lden, Laeq…) et sont peu représentatifs de la gêne des personnes soumises au bruit. Les études liant niveau sonore et gêne concluent approximativement que le niveau sonore n’explique qu’un tiers de la gêne, un autre tiers est lié aux conditions sociologiques du plaignant, le reste étant lié à des raisons personnelles très subjectives qu’aucun indice ne peut représenter.
L’indice proposé par Bruitparif placé sur une échelle de 1 à 10, donc plus facile à appréhender pour le grand public et intégrant à la fois le bruit de fond et les bruits évènementiels qui émergent de ce bruit de fond est plus à même de caractériser la gêne que les indicateurs existants.


 

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