23.12.2014 – Le Journal de l’Environnement

 

avion decollant

Sur un vol long courrier, un avion peut émettre jusqu’à 1,2 tonne de CO2 par siège

Pas facile d’établir un bilan des émissions de gaz à effet de serre du transport aérien français. Selon le côté où se trouve le rédacteur, le résultat sera positif ou franchement désastreux. Voyons cela de plus près.

Dans une note mise en ligne en début de semaine, la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) dresse un état des lieux global et par (principaux) aéroports de l’empreinte climatique de l’aviation commerciale.

En 2012, les avions de ligne au départ de l’Hexagone ont rejeté 21,4 millions de tonnes de gaz carbonique, soit 400.000 t de moins que l’année précédente. Mais 8,1 Mt de plus qu’en 1990 (+61%), année de référence des statistiques climatiques. Les avions sont donc à l’origine de 6% des émissions françaises de CO2. Au niveau mondial, les rejets carbonés de l’aviation tournent plutôt autour de 2% des émissions anthropiques.

LA FAUTE AUX VOLS LONG COURRIER

C’est essentiellement le développement du trafic long courrier qui est à l’origine de la dégradation des performances tricolores. «Les émissions du transport aérien international (16,3 MtCO2) représentent 76% des émissions totales du transport aérien en France et sont en progression de 12,4% par rapport à 2000, pour un trafic en croissance de 53% en termes de passagers-kilomètres transportés.»
Sur le trafic intérieur, en revanche, les voyants sont au vert. Entre 2000 et 2012, les émissions carbonées ont chuté de 23%. Mais ce n’est pas forcément le résultat de bonnes pratiques d’Air France et de ses concurrents. «Au-delà des gains d’efficacité énergétique, le report modal au bénéfice du TGV a participé à ces résultats», confirme la DGAC.

CHARLES-DE-GAULLE ET ORLY

Sans surprise, ce sont les plates-formes aéroportuaires de Paris-Charles de Gaulle et d’Orly qui sont la source des plus grands tonnages. Les avions ayant décollé, atterri ou roulé sur les pistes des deux principaux aéroports franciliens ont émis, en 2012, 14,8 MtCO2: 69% du total hexagonal. Normal, puisque 55% des passagers décollant ou atterrissant en métropole passent par l’un des navires-amiraux d’Aéroports de Paris.
L’âge, le type des avions et la nature des routes qu’ils empruntent influent beaucoup sur la performance carbone des aéroports. Beauvais-Tillé est l’une des principales bases françaises des compagnies à bas coût. Ces transporteurs exploitent des avions jeunes (et économes), essentiellement sur des routes court ou moyen courrier. Résultat: les émissions sont de 9,5 kg de CO2 par passagers-kilomètres transportés contre 11,7 kg à Paris-Charles de Gaulle où les vols long courrier sont nombreux.

 


Le commentaire de l’ADVOCNAR

L’article du JDLE titré « Transport aérien, des émissions qui pèsent lourd en France » s’est polarisé sur les émissions de gaz à effet de serre de l’aviation sur le territoire français.
Dans le rapport de la DGAC dont il est question, on avoue que l’aviation en France est responsable de 6% des émissions de CO2 et que celles-ci ont augmenté de 62% depuis 1990.
Rappelons pour mémoire que le chef de l’État s’est engagé devant la communauté internationale en 2003 à diviser par 4 les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050, que cette promesse est entrée dans la loi en juillet 2005, confirmée à grand renfort médiatique par le Grenelle de l’Environnement en 2007.
L’aviation ne paie aucune taxe sur son carburant (le kérosène est détaxé), et ne s’acquitte d’aucune TVA sur les billets internationaux. Elle paie sur les liaisons intérieures ou sur l’aviation d’affaire une TVA réduite, comme si le voyage de l’homme d’affaire était considéré comme un produit de première nécessité.
De quel droit ce secteur non seulement serait exempté de son effort de participation au facteur 4, mais en plus viendrait rançonner les autres secteurs sur le chemin d’une baisse sensible de leurs émissions.
Ce que cache le rapport de la DGAC, c’est que le CO2 n’est pas le seul gaz à effet de serre et que les gaz émis en altitude ont un forçage radiatif plus important que les mêmes gaz émis à la surface du globe.
Le GIEC estime que la part des émissions de l’aviation doit être multipliée par un facteur compris entre deux et quatre pour tenir compte de tous ces phénomènes complexes.

 

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