18.12.2015 – Le Parisien

Les riverains de Roissy déçus
par les propositions contre les vols de nuit

_content-216_136_2015-12-18-le-parisien-C’est une déception… attendue, mais une déception quand même. Ce vendredi, la commission chargée de plancher sur les vols de nuit à Roissy a présenté son rapport à la préfecture de région Ile-de-France, lors d’une commission consultative de l’environnement (CCE). Mais associations de riverains comme élus déplorent le manque d’avancées sur le sujet. « Il n’y a aucune surprise dans ce rapport », dénonce Patric Kruissel, vice-président de l’Advocnar, association de lutte contre les nuisances aériennes.

Jean-Pierre Blazy, député-maire PS de Gonesse, dresse un « nouveau constat d’échec sur ce dossier sensible et regrette le manque d’audace de la quinzaine de propositions formulées. […] C’est le modèle économique du hub (NDLR : plate-forme assurant un maximum de correspondances) qui prévaut, au détriment de l’environnement et de la santé des populations riveraines. »

Ainsi, comme attendu par les associations, la commission a suggéré d’imposer la descente continue aux avions en phase d’atterrissage, moins bruyante que la descente par paliers, sur la tranche horaire de 0 h 30 à 5 heures du matin. « Cela concerne quatorze vols en cœur de nuit, mais la mesure ne sera appliquée qu’en septembre 2016 », relativise Françoise Brochot, présidente de l’Advocnar.

Des conséquences importantes sur la santé des riverains

Seul point nouveau pour les associations ? La proposition de décaler 2 000 vols de nuit à l’année, soit 3,5 % du trafic nocturne, sur des créneaux en journée. « Ça part d’une bonne intention, mais je crains qu’en libérant ces créneaux, on les attribue à terme à d’autres compagnies qui disposent elles-mêmes d’avions plus bruyants. On pourrait être perdants ! » prévient Françoise Brochot.

Mais ce qu’a surtout noté la présidente de l’Advocnar, c’est la position de Jean-François Carenco, préfet de région. « Il a déclaré que la seule façon de faire respecter les créneaux horaires sur les vols de nuit, c’est d’appliquer des sanctions dissuasives. C’est une parole intéressante venant des services de l’Etat qui se positionnent enfin. »

« Il faut creuser le chantier des sanctions », confirme, en tempérant un peu, la préfecture de région. « L’objectif est de concilier l’activité économique de l’aéroport avec la réduction des nuisances. Les choses bougent, insiste la préfecture. Notamment, c’est la première fois que nous allons vraiment mettre en application la descente continue. »

Pour les élus et habitants de riverains de l’aéroport, le combat contre les vols de nuit est essentiel., à cause des conséquences sur la santé, aujourd’hui connues, d’un sommeil perturbé : somnolence, baisse de la vigilance et de la performance au travail, agressivité. Mais aussi hausse du rythme cardiaque et de la pression artérielle, selon le docteur Alain Muzet, ancien chercheur du CNRS et spécialiste du bruit.

Jean-Pierre Blazy, lui, préconise le développement d’un système indépendant de stations de mesure, la suppression de vols commerciaux entre minuit et 5 heures du matin. Ainsi que la réalisation du projet Eurocarex, réseau express ferroviaire européen pour reporter sur le rail une partie du fret des avions.

Pauline Conradsso

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