14.09.2016 – Le Parisien

 

content-216_135_2016-09-15-leparisien-95-L’Association de défense contre les nuisances aériennes critique la proposition du gouvernement de créer une taxe de plus sur les billets d’avion.
Le gouvernement privilégie le financement d’infrastructure plutôt que d’aider les riverains des aéroports existants. C’est la critique que formule l’Advocnar, l’Association de défense contre les nuisances aériennes. Et ce, depuis qu’elle a appris que le gouvernement envisage de créer une nouvelle taxe sur les billets d’avion pour financer la construction du CDG Express.

Ce projet doit permettre de relier la gare de l’Est à l’aéroport Paris-Charles-De-Gaulle par le rail en vingt minutes, à partir de 2023. Son coût de construction est évalué à 1,4 milliard d’euros, auxquels il faut ajouter les 280 millions d’euros du matériel roulant. Pour le financer, le gouvernement propose de créer une taxe de l’ordre d’un euro sur chaque billet d’avion au départ ou à l’arrivée de Roissy. « Quand on voit que l’Etat est prêt à faire ça pour le CDG Express, on se demande pourquoi il ne le fait pas pour l’insonorisation des riverains ? » interroge Françoise Brochot de l’Advocnar.

« L’aéroport, c’est une gêne constante »

Situe a Ecouen, leur pavillon est situe en zone 3 du plan de gene sonoreMarcel Lauffer et Jacqueline Demelin habitent à Ecouen, dans l’axe des pistes de Roissy. « L’aéroport, on le supporte, soupire Marcel Lauffer. C’est une gêne constante. Vous ne pouvez pas vous installer dehors. » Avec 1 500 mouvements par jour, la présence d’avions dans le ciel de Roissy est continuelle. « Ici, on est en zone 3 du plan de gêne sonore de l’aéroport de Roissy, donc on a droit à une prise en charge des travaux d’insonorisation », ajoute Marcel Lauffer. Leur demande a été déposée fin 2014. Elle leur permet d’être indemnisés à 100 % pour le changement des fenêtres et des portes, soit 20 000 €. Mais pour l’obtenir, le couple doit encore attendre. « Ils nous ont dit que c’était deux ans d’attente, mais on dirait que c’est plutôt trois », déplore Jacqueline Demelin. Ils n’imaginaient pas cela quand ils se sont installés ici en 1962. Les premiers avions sont apparus douze ans plus tard.

Les personnes se trouvant dans le périmètre du plan de gêne sonore des trois aéroports franciliens peuvent en effet se faire payer l’insonorisation de leur logement, grâce à une autre contribution prélevée sur les billets d’avion, la taxe sur les nuisances sonores aériennes (TNSA).

Selon l’Advocnar, cette taxe « a été plafonnée à un niveau très insuffisant pour que soient insonorisées dans un délai raisonnable les dizaines de milliers de logements impactés autour des onze plus grands aéroports français ». Et ce, pour épargner les compagnies aériennes. Elle estime ainsi qu’il faudra 20 ans pour insonoriser les 60 000 logements concernés en France.

Fin 2015, 3 325 demandes d’insonorisation étaient toujours en attente de traitement en Ile-de-France. Pour inciter les riverains à se manifester le taux d’indemnisation est passé de 80 % à 100 % en 2013 et 2014, ce qui a créé un engorgement. Le secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies, n’a pas donné suite à nos appels. Quant au groupe Aéroports de paris, chargé d’accompagner les demandes d’insonorisation, il souligne que si les recettes de la TNSA ont diminué entre 2011 et 2014, ses taux ont été revalorisés l’an dernier. « Cela représente 9 M€ supplémentaires en 2016, par rapport à 2014. »

Pour une demande de dossier d’aide à l’insonorisation : 0 810 87 11 35 (prix d’un appel local).

Thibault Chaffotte


Lire le communiqué de la Convergence Associative : Et si on demandait également 1 euro par billet d’avion pour financer l’aide à l’insonorisation?

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