20.11.2017 – Le Parisien

L’action intentée par les 17 communes renforce le poids symbolique du recours du collectif d’associations.

Dix-sept communes d’Ile-de-France se joignent au recours devant le Conseil d’Etat déposé par un collectif d’associations.

Le front de lutte contre les nuisances aériennes en Ile-de-France se renforce un peu plus. Le collectif d’associations qui a déposé un recours devant le Conseil d’Etat pour demander l’application d’un règlement européen en matière de protection sonore autour des aéroports annonce avoir rallié 17 communes franciliennes à cette action. Ces dernières ont déposé des recours en intervention volontaire, ce qui signifie qu’elles rejoignent l’action en justice entreprise en avril par l’Association de défense du Val-d’Oise contre les nuisances aériennes (Advocnar) et le collectif Alerte nuisances aérienne (ANA).

« Nous avons multiplié les contacts avec les élus pour obtenir leur soutien, indique Luc Offenstein, président de l’ANA. On travaille avec eux depuis longtemps. ». Si cela ne change pas la nature de la procédure, ce geste renforce le poids symbolique de cette démarche. « Ça démontre l’insuffisance des mesures actuellement en place », souligne Louis Cofflard, l’avocat des associations.

Gérard Bouthier, président de l’Association vigilance environnement du Val de l’Yerres, Luc Offenstein, président du collectif Alerte nuisances aériennes, et Louis Cofflard (de gauche à droite), leur avocat, lors du dépôt du recours devant le Conseil d’Etat. LP/T.C.

En avril, ce dernier a saisi le Conseil d’Etat pour demander l’application de la directive européenne n° 2002/49/CE. Celle-ci prévoit de mettre en place des plans de prévention du bruit dans l’environnement (PPBE) pour limiter l’impact du trafic aérien sur les populations. Or, les associations font valoir que les PPBE de Roissy et Orly sont insuffisants et ne correspondent pas aux termes de la directive. Quant à celui du Bourget, il n’a jamais été mis en place.

En se joignant à cette action, les communes participent aussi aux frais de justice, selon un barème établi en fonction de la taille des collectivités, qui va de 250 € à 1 000 €. Le collectif d’associations espère que d’autres municipalités accepteront de rejoindre ce combat. Il compte prochainement démarcher les intercommunalités.

«On a espoir que cela améliore les choses»

FREDERIC BOURDIN, maire de Domont (95)

Le collectif d’associations qui a déposé un recours au Conseil d’Etat au sujet des nuisances aériennes pouvait déjà compter sur le soutien de deux communes val-d’oisiennes : Saint-Prix et Gonesse. Désormais 17 communes franciliennes soutiennent cette action dont Cormeilles-en-Parisis, Domont, Eaubonne, la Frette-sur-Seine et le Plessis-Bouchard.

« Nous avons toujours soutenu l’Advocnar [Association de défense du Val-d’Oise contre les nuisances aériennes], souligne Maurice Chevigny (SE), maire de la Frette-sur-Seine. » Il espère que la mise en place d’un meilleur plan de prévention du bruit dans l’environnement (PPBE) conforme au règlement européen entraînera l’adoption de mesure propre à diminuer l’impact sur trafic aérien pour les populations : couvre-feu la nuit, équipement pour réduire le sifflement des réacteurs, modification des angles d’approche des avions, etc. « Il y a eu quelques améliorations mais il reste beaucoup à faire », juge-t-il.

Frédéric Bourdin, maire (LR) de Domont, est dans la même démarche. « On a espoir que cette démarche améliore les choses, mais ce qui serait bien c’est aussi de lutter contre les dégazages. Ce sont des centaines de litres de kérosène qu’on balance à chaque fois dans la nature. » Quel que soit le type de nuisance, le Val-d’Oise est en première ligne quant aux nuisances aériennes. « Roissy est le premier aéroport d’Europe en nombre de mouvements, premier en nombre de vols de nuit et le deuxième en population impactée », souligne Patrick Kruissel, vice-président de l’Advocnar. Il pointe les insuffisances du PPBE de Roissy. « Il y a 250 000 personnes soumises au bruit dans le périmètre de l’aéroport. Les mesures prévues pour l’instant diminuent les nuisances que pour 1 % d’entre eux».

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