12.12.2017 – Les Echos

Un collectif d’associations a saisi la haute juridiction administrative. Ils veulent obtenir que la France se conforme au droit européen sur la réduction du bruit lié au trafic aérien.

Par Lamia Barbot

Vols de nuit, sifflement des réacteurs… Les nuisances sonores aériennes pèsent sur 250.000 personnes situées dans le périmètre de l’aéroport Roissy-CDG, la deuxième population la plus impactée d’Europe par ces problèmes  après Heathrow à Londres.

Pour réduire cette gêne, une directive européenne du 25 juin 2002 – n°2002/49/CE relative à la gestion et à l’évaluation du bruit dans l’environnement – s’est appliquée aux aérodromes de plus de 50.000 mouvements. Les Etats membres de l’Union européenne (UE) devaient établir une cartographie des zones aéroportuaires où l’indice du son dépassait l’indice acoustique imposé.

L’UE imposait de mettre en place des plans de prévention du bruit dans l’environnement  (PPBE) dans un délai de cinq ans. Mais la France a pris du retard.  « L’échéance pour la validation de ces plans est dépassée depuis plus de 8 ans, c’était le 18 juillet 2008 », s’étonne Françoise Brochot, présidente de l’Association de défense contre les nuisances aériennes (Advocnar), rappelant l’exemple de l’aéroport de Francfort, qui a fait de nombreux efforts dans ce domaine.

Transcription complète de la directive

Un collectif d’associations a déposé un recours auprès du Conseil d’Etat pour demander la transcription complète de la directive européenne dans la législation française.

Sur le terrain, plusieurs méthodes permettent d’atténuer le bruit comme l’atterrissage en descente continue (et non par paliers), qui réduit l’activité du moteur et génère moins de nisances tout en diminuant la consommation de carburant.

Décoller en seuil de piste, retarder la sortie du train d’atterrissage, augmenter l’angle d’atterrissage, restreindre les mouvements de nuits des avions les plus bruyants (très gros porteurs quadrimoteurs, anciens avions)… Autant de possibilités déjà mises en place à Heathrow et dans de nombreux aéroports français et qui ont considérablement réduit les décibels et la pollution.

Restrictions

Roissy-Charles de Gaulle est le premier aéroport européen en nombre de mouvements (480.000 par an), notamment la nuit entre 22 heures et 6 heures (58.000), record européen. L’aéroport n’est pas plafonné sur ce nombre et sur celui des vols de nuit entre 22 heures et 6 heures. Seule une restriction entre minuit et 5 heures du matin est appliquée.

« Les habitants dorment plus de cinq heures par nuit. De plus, cette limitation a entraîné une hausse des arrivées et des départs juste avant minuit et dès 5 heures du matin, qui sont les moments les plus fragiles du sommeil », estime Françoise Brochot.

Pour Victor Haïm, président de l’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires (Acnusa), « une des solutions c’est de faire partir les gens en faisant racheter par les aéroports les maisons les plus touchées au prix de l’immobilier sans prendre en compte leur présence près d’un aéroport. Ils peuvent y faire ce qu’ils veulent tant que ce n’est pas une habitation permanente sachant que le mieux c’est de détruire et de végétaliser ». Une solution qui ne séduit pas tout le monde…

À noter

Le 17 novembre dernier, 17 communes concernées par les nuisances sonores des aéroports franciliens se sont rattachées au recours formulé en avril par les associations devant le Conseil d’Etat.

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