14.06.2018 – Le Parisien

Roissy. Cet Airbus A320 NEO en provenance de Nice fait partie des six appareils actuellement en service au sein d’Easyjet. La compagnie en a commandé 135 pour les quatre prochaines années. ADP

Easyjet, 2e compagnie aérienne en France, a commandé 135 de ces appareils et prévoit d’en être le principal utilisateur en Europe. L’association de défense des personnes victimes de nuisances aériennes espère mieux.

Moins de bruit et moins de pollution, c’est la promesse de l’A320 NEO (new engine option). La dernière mouture du best-seller d’Airbus, présenté ce jeudi, à l’aéroport de Roissy, par Easyjet, l’avionneur et Safran qui a conçu ses réacteurs. La compagnie low cost britannique a mis en avant les initiatives engagées en matière d’environnement alors que le déploiement de ce nouvel appareil vient de commencer.

« D’ici à 2022, nous serons le premier opérateur d’A320 NEO en Europe », a annoncé François Baccheta, directeur général d’Easyjet France. Deuxième compagnie aérienne dans l’hexagone derrière Air France (elle représente environ 10 % du trafic à Roissy), Easyjet a commandé 135 A320 NEO qui doivent être livrés au cours des quatre prochaines années. Six sont déjà en activité.

Le principal atout de l’A320 NEO réside dans sa consommation de carburant. « En réussissant à baisser la consommation de 15 %, on diminue d’autant les émissions de CO2 (dioxyde de carbone) et de NOx (oxyde d’azote) », a souligné Joacquin Toro-Prieto, directeur marketing d’Airbus. Sur le plan sonore, l’avion émettrait jusqu’à 20 dB de moins que la génération précédente. Un grand partie de ces performances est due au moteur conçu par CFM (filiale de Safran et General Electric). Le rendement a été amélioré, les panneaux acoustiques renforcés et les pales sont fabriqués en fibres de carbone tissées. « Ça permet d’alléger l’avion de 500 kg, c’est énorme », souligne Francis Couillard, directeur de la politique environnementale de Safran.

Bien, mais pas assez pour l’Advocnar

Patrick Kruissel, vice-président de l’Association de défense du Val-d’Oise contre les nuisances aériennes (Advocnar), a salué ces avancées encourageantes mais a rappelé qu’elles étaient encore loin des objectifs affichées. « Moins 15 % de CO2, c’est bien mais la France et l’Europe doivent diviser les émissions par quatre d’ici 2050, a-t-il pointé. Lors du Grenelle de l’environnement, on avait promis -80 % d’émissions de NOx d’ici à 2020. » Joacquin Toro-Prieto a fait valoir que les efforts en matière de performance environnementale ne s’arrêtent pas là. « Airbus continue d’investir 300 M€ pour continuer à développer cet avion », a-t-il indiqué.

Pour autant, le bruit et la pollution vont-ils diminuer autour des aéroports avec ce nouvel avion ? « Depuis 3 ou 4 ans, notre empreinte sonore à Orly (Val-de-Marne) diminue alors que le trafic passager augmente », a indiqué Marc Houalla, directeur de l’aéroport de Roissy. Patrick Kruissel, qui conteste les indicateurs cités, estime au contraire le bruit augmente. Mais surtout, le trafic aérien augmente tant au niveau mondial qu’à Roissy. Easyjet a connu une augmentation de 7 % du trafic passagers l’an dernier et ouvrir 25 nouvelles liaisons cette saison. « Avec ça, on va augmenter la pollution et le bruit », regrette Patrick Kruissel.

Roissy, jeudi 14 juin. Réplique d’un moteur CFM leap-1 à l’échelle 1/3. C’est ce modèle conçu par Safran et GE qui équipe les Airbus A320 NEO./ADP

 

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