11.02.2019 – Le Parisien95

Propos recueillis par Thibault Chaffotte

 

La concertation portant sur le projet d’un quatrième terminal à l’aéroport de Roissy commence ce mardi, avec une première réunion publique à 19 heures à Gonesse, salle Jacques-Brel.

Jusqu’au 12 mai, le public va pouvoir prendre connaissance du dossier et s’exprimer. Cette nouvelle infrastructure, qui doit être construite à partir de 2021, vise à répondre à la croissance du trafic aérien, évaluée à 2 à 3 % par an pendant les 20 prochaines années. A Roissy, le nombre de passagers a augmenté l’année dernière de 4 % pour atteindre 72,2 millions.

Françoise Brochot, présidente de l’Advocnar, nous explique pourquoi elle est contre.
Que reprochez-vous à ce projet ?

Il ne va pas du tout dans le sens de ce qui nous a été promis par la ministre des Transports l’année dernière. Dans le cadre des assises du transport aérien, Élisabeth Borne a dit qu’elle allait proposer des mesures pour réduire les nuisances aériennes. Nous les attendons toujours.

De plus, les émissions de gaz à effets de serre doivent être divisées par quatre et ce n’est pas en laissant croître le plus gros aéroport de France qu’on va y arriver. Ou alors ça veut dire que l’Etat s’assoit complètement sur les engagements de la COP21.

À quelles conditions vous pourriez trouver ce projet acceptable ?

Si le Groupe ADP veut démolir le terminal 3 pour faire un nouveau bâtiment tout neuf. Ça ne nous pose pas de problème. Ce qui nous pose problème c’est le nombre de passagers supplémentaires accueillis à terme et les conséquences en nombre de mouvements.

C’est aussi un projet qui présente des opportunités de développement économique ?

Nous pensons que le développement du trafic aérien ne doit pas se faire là où il y a un impact sanitaire majeur et démontré. L’étude récente de Bruitparif démontre que l’effet le plus important sur le nombre de mois de vie en bonne santé se passe en premier lieu autour de Roissy et d’Orly. Le bruit a aussi un impact financier qui a déjà été évalué par des études.

Il y a aussi l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (Ifstar) qui mène une étude sur les effets du bruit sur les populations autour des aéroports. Elle démontre que le bruit des avions a un impact au niveau du stress, du sommeil, de la dépression, au niveau de la tension artérielle et de l’occurrence des maladies cardiovasculaires.

Pensez-vous qu’il soit possible d’empêcher ce projet de se faire ?

Si tous les citoyens se manifestent en disant que ce projet ne leur convient pas, il faudra bien le Groupe ADP et le gouvernement l’entendent.

CHIFFRES

50 000. Le terminal 4 une fois achevé dans sa globalité pourrait représenter un potentiel allant jusqu’à 50 000 emplois directs selon le Groupe ADP. Ce chiffre est contesté par les opposants qui soutiennent que le nombre d’emplois sur le pôle de Roissy diminue depuis 2009.

500. C’est le nouveau de mouvements d‘avion (atterrissage ou décollage) prévus en plus par jour à l’achèvement du projet. En 2017, il y en a eu 480 000, soit environ 1 300 par jour. D’ici à 2037, il pourrait y en avoir 680 000, donc 1 800 par jour.

40 millions de passagers. Le Groupe ADP prévoit que le Terminal, qui doit être réalisé en trois phases, sera capable d’accueillir à terme 35 à 40 millions de passagers par an, soit presque la fréquentation de l’aéroport d’Orly.

2037. C’est la date de mise en service de la totalité du terminal 4. La phase d’étude doit se terminer en 2019 et les travaux commencer en 2021. La première phase doit se terminer en 2028, date de l’ouverture au public. Deux autres phases doivent ensuite suivre, comprenant le remplacement du terminal 3.

9 milliards d’euros. Le coût total du projet est évalué entre 7 et 9 milliards d’euros et doit être intégralement pris en charge par le Groupe ADP. Cela comprend la construction de l’infrastructure mais aussi les équipements intérieurs et extérieurs.

 

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