22.11.2019 – Le Parisien 95

Ils ont manifesté devant le lycée Jean-Jacques-Rousseau de Montmorency, largement survolé par les avions de l’aéroport Roissy, qui veut ouvrir un nouveau terminal d’ici à 2037. Pour eux, la lutte ne fait que commencer.

« Le T4 c’est un projet d’une autre époque ! » Une vingtaine de militants de l’association Advocnar et du collectif Non au terminal 4 se sont rassemblés devant le lycée Jean-Jacques-Rousseau ce vendredi soir. Ils comptaient interpeller la présidente (Libres !) de région Valérie Pécresse, attendue dans le cadre de l’inauguration de l’établissement qui vient d’être rénové.

« Elle semble avoir une méconnaissance du dossier, soit réelle, soit affichée, explique Françoise Brochot, présidente de l’Advocnar. Nous voulons en parler avec elle. Depuis qu’elle est élue à la tête de la région, nous avons déjà fait trois demandes de rendez-vous pour évoquer l’impact énorme du trafic aérien sur l’Ile-de-France, mais elle n’a jamais répondu. »

 « Nous avons une promesse de rendez-vous »

Valérie Pécresse n’ayant finalement pas fait le déplacement, c’est le conseiller régional Benjamin Chkroun (délégué départemental UDI dans le Val-d’Oise) qui a échangé avec les manifestants. « L’objectif est atteint, nous avons une promesse de rendez-vous », reconnaît Françoise Brochot.

Depuis la réunion du 9 octobre dernier, lorsque le groupe ADP a présenté ses propositions suite à la concertation sur le Terminal 4 à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, la guerre est déclarée ouvertement entre les promoteurs du développement du trafic aérien et ceux qui le refusent.

Plus d’avions, plus de bruit, plus de pollution

« Aujourd’hui, les Franciliens peuvent perdre jusqu’à trois années de vie en bonne santé parce qu’ils vivent sous les avions, clament les militants. Et puis le projet de terminal T4 est incompatible avec les enjeux écologiques de notre époque. Il faut que les élus se prononcent sur le sujet. » Si les lycéens se sont mêlés brièvement à la protestation en sortant de cours, la plupart découvraient le dossier.

« Mais c’est incroyable, il y a déjà suffisamment d’avions, cela va augmenter la pollution ! s’est étonnée Yasmine. De toute façon cela ne créera pas beaucoup d’emplois car on le voit, les employés sont de plus en plus remplacés par des machines, comme pour contrôler les billets d’avion par exemple », commentait Tess.

Les opposants au T4 se sont donné rendez-vous dès le 30 novembre prochain, jour de manifestation parisienne prévue pour contester la privatisation d’ADP. « Les deux projets sont liés, c’est le cadeau de la mariée », estiment-ils. L’Advocnar est inquiète. « À l’aéroport de Toulouse, la privatisation a engendré une augmentation du trafic de 10 % par an, détaille Françoise Brochot. Et les règles environnementales sont moins respectées… Les riverains ont vu tout de suite la différence. »

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