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La pollution liée au trafic aérien

 

Les émissions des aéronefs 

Les émissions des aéronefs sont calculées sur la base d'un cycle décollage, atterrissage roulage dit cycle LTO (Landing and  Take Off) qui ne prend en compte que les émissions jusqu'à une altitude de 900m. Au-delà, cela ne compte pas !

Les principaux polluants sont les oxydes d'azote (NOx=NO2+NO), le monoxyde de carbone (CO), des hydrocarbures imbrûlés (HC) et composés organiques volatiles (COV) dont le benzène, des suies - vocable retenu par l’industrie pour les particules fines (PM), du dioxyde de soufre (SO2), de la vapeur d'eau (H20), du dioxyde de carbone (CO2) et enfin l’ozone (O3), non émis directement, mais résultant de réactions photochimiques entre les NOx, HC et COV.

 

Parler de la pollution des avions, c'est en fait aborder deux thèmes principaux :

-      d’une part, contribution au réchauffement climatique de la planète,

-      et, d'autre part, pollution chimique et  problèmes de santé pour les populations survolées.

En effet, la pollution des avions se situe à plusieurs niveaux

Le réchauffement climatique

Le réchauffement climatique est l'objet d'une communication fallacieuse et de manipulations par l'industrie concernant l'impact véritable de l'aviation sur l'effet de serre. Les manipulations les plus courantes consistent à ne parler que du CO2 et encore en se référant à des chiffres, à savoir 2 % de la contribution globale, qui remontent à 1990/1992. Ce faisant, on omet le rôle joué par les NOx, les traînées de condensation et leur impact sur la formation des cirrus, nuages de haute altitude qui empêchent notamment le refroidissement de la terre pendant la nuit. On peut estimer aujourd'hui que l'impact réel de l'aviation sur le réchauffement climatique global est plutôt de l'ordre de 4 à 8 %. Cela est d'autant plus inquiétant que le trafic aérien croit beaucoup plus vite que les autres activités humaines participant à l'effet de serre. Les acteurs du transport aérien poursuivent une course effrénée à la croissance. Un taux annuel de 5 %  au niveau mondial d'ici à 2030 est couramment mentionné.

Alors que les émissions totales de l’UE, réglementées par le protocole de Kyoto, ont diminué de 4,8% entre 1990 et 2004, les émissions de gaz à effet de serre dues au trafic aérien international ont augmenté de 86% dans l’UE et, d'après les projections de la Commission européenne, cette augmentation devrait atteindre les 150% d'ici à 2012 si aucune mesure n'est prise! L'aviation, activité internationale, donc plus difficile à réglementer, a échappé complètement au protocole de Kyoto !

La technologie des moteurs a évidemment progressé. Les jets actuels consomment beaucoup moins par siège/kilomètre que les premiers avions à réaction. Toutefois, les plus performants aujourd'hui ne sont pas meilleurs que les Constellations du début des années 50 !

En matière de pollution et santé

Pour les populations survolées, la problématique est exactement la même. La technologie a progressé, mais ces progrès sont annihilés par la croissance inexorable du trafic.  Comme pour le bruit, de nombreuses études démontrent le rôle joué par la pollution atmosphérique dans les problèmes de santé publique. Le nombre d'hospitalisations d'enfants de moins de 15 ans pour asthme en Île-de-France a augmenté de 6 % en 2006 par rapport à 2005 ! Parce que le kérosène est proche du gazole quant aux émissions résultant de la combustion, les problématiques seront les mêmes : hydrocarbures imbrûlés et COV sur la plate-forme aéroportuaire et bien sûre NOx et particules fines (PM)....

 

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