Bruit et santé

L’excès de bruit a des effets sur les organes de l’audition, mais peut aussi perturber l’organisme en général, et notamment le sommeil, le comportement.Les trafics aériens et le fonctionnement des aéroports font l’objet de contestations croissantes de la part des populations riveraines, en raison notamment des effets environnementaux et sanitaires induits. A ce titre, le bruit généré par les avions est particulièrement invoqué comme un facteur de dégradation de leur bien-être. Il est vrai qu’en Ile-de-France par exemple, plus de 5,3 millions de personnes sont survolées à moins de 3 000 mètres d’altitude par l’ensemble du trafic aérien survolant cette région. Caractérisé par une somme d’évènements sonores irréguliers provoquant une gêne sonore, le bruit des avions s’est affirmé comme un enjeu de santé publique, du fait d’une conscience grandissante des impacts qu’il peut avoir.

Les effets du bruit sur l’oreille

L’oreille est l’organe périphérique de l’audition. On y distingue trois parties bien différenciées :

  • l’oreille externe qui, par le pavillon et le conduit auditif externe, concentre vers le tympan les vibrations des particules de l’air ;
  • l’oreille moyenne, qui a pour fonction, à l’aide de la chaîne des osselets (marteau, enclume, étrier), de transformer mécaniquement les vibrations aériennes en vibrations solidiennes ;
  • l’oreille interne dans laquelle se trouve la cochlée ; c’est ici que siègent les mécanismes de transformation des sons en phénomènes «électriques». La cochlée (ou limaçon) est une cavité spiralée contenant des liquides qui vont transmettre les vibrations provenant du tympan. Au sein de la cochlée, se trouve l’organe de Corti. Il s’agit d’un élément important de l’ouïe, comprenant les cellules sensorielles de l’audition, appelées les cellules ciliées. Ces dernières sont peu nombreuses, environ 15 000 par oreille (ce qui est très peu en comparaison avec les millions de cellules rétiniennes utilisées pour la vision).

schéma de l'oreille

 

 

 

 

 

 

 

 

On peut comparer les cils des cellules ciliées à des algues dans l’eau qui vont et viennent sous l’effet d’une vague, leur mouvement provoquant la transformation l’onde de pression mécanique dans le liquide en signal électrique ; ce dernier est transmis au cerveau par le nerf auditif.

Cils des cellules ciliéesCils des cellules ciliées

 

 

 

 

 

 

 

Les traumatismes sonores et leurs conséquences. La base de l’intelligibilité du langage est liée à l’état des cellules ciliées. Or, ce sont les premiers éléments à être endommagés par une exposition trop importante au bruit. Les cellules ciliées endommagées ne sont pas remplacées ; leur perte est irréversible et responsable de troubles de l’audition et de l’équilibre.

Le bruit, un enjeu de santé publique

Le bruit agit sur notre santé. les effets immédiats se caractérisent par :

  • une augmentation de la fréquence cardiaque,
  • une augmentation de la pression artérielle (les plus vulnérables sont les personnes âgées avec des risques d’accidents vasculaires),
  • une diminution de la vigilance (accidents domestiques et circulation),
  • une diminution de l’attention (dans les usines exposée au bruit le taux d’accident de travail est multiplié par 4),
    une diminution de la capacité de mémorisation,
  • une agitation anormale.

Chez l’adulte jeune les troubles se caractérisent par :

•des insomnies,
•un stress,
•une augmentation de la tension nerveuse,
•une boulimie,
•une hypertension artérielle chronique,
•de l’anxiété,
•un comportement dépressif,
•des troubles de la sexualité.

Chez l’enfant exposé au bruit permanent, on a pu remarquer :

  • une tension artérielle anormalement élevée,
  • un taux d’erreurs de compréhension en classe quatre fois plus élevé,
  • un apprentissage de la lecture retardé et un taux de dyslexie augmenté de façon significative.

Impacts psychologiques

A l’impact direct sur la santé s’ajoutent des phénomènes psychologiques du bruit qui accroissent la perception de gêne : la crainte d’un accident d’avion, l’incontrôlabilité du bruit par celui qui le subit …

Conclusion

L’organisme s’habitue-t-il au bruit ? En réalité non ! Les personnes soumises à des bruits continuels (voisinage d’autoroutes ou aéroports) pensent s’être habituées, mais leurs électroencéphalogrammes montrent un sommeil perturbé et non réparateur.

La prise en compte de la qualité de l’environnement sonore doit devenir un réflexe dans toutes les communes, la lutte contre le bruit une priorité de santé publique.