COMMUNIQUÉ RESTER SUR TERRE – ADVOCNAR – C.E.C.C.T4
Lundi 14 septembre, citoyen·nes, associations et élu·es se sont rassemblé·es en fin d’après-midi devant le siège du groupe Aéroports de Paris (ADP), afin de manifester leur opposition au mégaprojet d’extension de Paris-Charles-de-Gaulle et d’appeler à l’interdiction des vols de nuit. La large coalition d’associations a interpellé le gouvernement sur ce projet néfaste pour le climat et la santé des populations riveraines de l’aéroport, et demandé au gouvernement son annulation, dans un contexte d’accélération des effets du changement climatique causé par la croissance des émissions de gaz à effet de serre.

À l’appel du réseau Rester sur Terre, de l’ADVOCNAR (Association de défense des riverain·es des aéroports parisiens), du collectif Non au terminal 4 et du C.E.C.C.T4 (Collectif d’élu·es contre le Terminal 4), 150 personnes se sont réunies devant le siège du groupe ADP pour manifester leur opposition au mégaprojet d’extension de l’aéroport de Roissy. Cet été, des millions de français·es ont fait l’expérience douloureuse d’un réchauffement climatique qui s’amplifie, alors que les riverain·es de l’aéroport font toujours les frais des nuisances aériennes de Roissy.
Parallèlement, le gouvernement a donné son feu vert au Contrat de Régulation Economique permettant à ADP de lever les 8 milliards d’euros nécessaires à la réalisation de ce projet d’extension de ses capacités, lequel serait à l’origine d’une hausse de 28 % de ses émissions, en contradiction avec les objectifs climatiques que la France s’est fixés dans le cadre de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3) selon le nouveau rapport de l’ONG Transport & Environment [1]. Selon Sacha Ruello-Jossic, chargée de campagne contre le projet d’extension de Roissy au sein du réseau Rester sur Terre : « Le groupe ADP se félicite de son mégaprojet d’extension de l’aéroport Charles-de-Gaulle, qui viendrait ajouter l’équivalent des émissions de l’aéroport de Marseille dans l’atmosphère ! Comme le recommande le Haut Conseil pour le Climat, le gouvernement français doit immédiatement faire annuler ce projet, comme il l’a déjà fait en 2021 pour le projet de Terminal 4. » [2]
Outre les émissions de gaz à effet de serre, de nombreux impacts néfastes ne feraient qu’augmenter avec la croissance du trafic envisagée : les nuisances sonores [4] perturbent en permanence le quotidien d’1,4 million de Francilien et portent gravement atteinte à leur santé et à leur sommeil, tandis que la pollution de l’air [5] pose un problème de santé publique majeur. Ainsi, les habitant·es situé·es sous les couloirs aériens de Roissy–Charles de Gaulle perdent jusqu’à trois années d’espérance de vie en bonne santé. « Roissy est le plus gros opérateur de vols de nuit en Europe, avec environ 60 000 vols de nuit entre 22h et 6h en 2025, soit 160 avions chaque nuit. Pourtant, plafonnement du trafic et réduction des vols de nuit ont été écartés du débat d’entrée par le Préfet du Val d’Oise. C’est une immense déception pour les riverain·es. » rappelle Françoise Brochot, présidente de l’ADVOCNAR.
Faisant face au siège d’ADP, plusieurs prises de parole d’associations et d’élu·es se sont succédé pour rappeler à l’État ses responsabilités, en tant que premier actionnaire de l’aéroport, et notamment M. Daniel Kayal, maire de Saint-Prix et co-président du collectif d’élu·es contre le Terminal 4, et M. Romain Eskenazi, député du Val d’Oise. En plus des dizaines de personnes rassemblé·es ce lundi 14 septembre, plus de 32 000 citoyen·nes et plus de 20 associations ont signé la pétition [6] appelant le gouvernement, et notamment le Ministre des Transports Philippe Tabarot à annuler ce mégaprojet d’extension de l’aéroport de Roissy.
Cette journée du 14 septembre a été choisie pour coïncider avec la journée internationale contre les vols de nuit, qui rassemble chaque année depuis 2024 de nombreux collectifs de riverain·es et de militant·es pour le climat pour alerter sur l’impact démesuré de ces vols sur la santé et le climat [7]. Ce rassemblement sous les fenêtres des dirigeant·es d’ADP est un premier jalon d’une mobilisation plus longue annoncée par les associations cet automne. Celles-ci ont par ailleurs demandé un rendez-vous à Philippe Pascal, président d’ADP, pour lui demander de renoncer à ce projet.
[1] Rapport T&E : https://www.transportenvironment.org/te-france/articles/extension-de-laeroport-charles-de-gaulle-le-gouvernement-contredit-ses-propres-objectifs-de-baisse-des-emissions
[2] Rapport annuel 2026 du Haut conseil pour le climat : https://www.hautconseilclimat.fr/publications/dangers-climatiques-la-france-face-a-ses-responsabilites/
[3] Fiches greenwashing : https://rester-sur-terre.org/greenwashing/
[4] Etude Débats (octobre 2020) : http://debats-avions.ifsttar.fr/rapport.php
[5] Bilan AirParif 2019 : https://www.airparif.fr/sites/default/files/pdf/Bilan2019.pdf
[6] Pétition Greenvoice : https://agir.greenvoice.fr/petitions/l-aeroport-de-roissy-cdg-est-deja-bien-assez-grand
[7] https://rester-sur-terre.org/non-aux-vols-de-nuit-oui-au-train-de-nuit/


